Musée de l’Orangerie

Henri Rousseau. L’ambition de la peinture

L’exposition « Henri Rousseau. L’ambition de la peinture » au musée de l’Orangerie à Paris, du 25 mars au 20 juillet 2026, est consacrée au célèbre peintre autodidacte surnommé le Douanier Rousseau. Tu pourras y découvrir ses portraits, ses paysages et plonger dans ses jungles imaginaires.

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Henri Rousseau La Charmeuse de serpents, 1907 Huile sur toile H. 167 ; L. 189,5 cm avec cadre H. 195 ; L. 218 ; EP. 10 cm Collection Musée d'Orsay Legs Jacques Doucet, 1936 © photo : Musée d’Orsay, dist. RMN-Grand Palais La Charmeuse de serpents, 1907 Huile sur toile, Henri Rousseau, Collection Musée d'Orsay Legs Jacques Doucet, 1936 © photo : Musée d’Orsay, dist. RMN-Grand Palais

Un peintre autodidacte

Henri Rousseau (1844-1910) est ce qu’on appelle un autodidacte : il n’a pas étudié dans une école d’art et apprend à peindre par lui-même. Avant de devenir artiste, il travaille comme employé à l’octroi de Paris, le lieu où l’on contrôle les marchandises entrant dans la capitale. C’est pour cette raison qu’on le surnomme « le Douanier Rousseau », même s’il n’était pas réellement douanier. À 49 ans, il prend sa retraite pour se consacrer entièrement à la peinture.

Il est aujourd’hui célèbre pour ses jungles mystérieuses, pleines d’animaux et de plantes exotiques. Pourtant, le peintre n’a jamais voyagé dans ces paysages et n’a même jamais quitté la France. Pour imaginer ces scènes, il observe les plantes des serres du Jardin des Plantes, les animaux du Muséum d’histoire naturelle et s’inspire aussi d’images et de livres illustrés. Mais Rousseau ne peint pas seulement des jungles : il réalise aussi des portraits, des scènes de groupe et des paysages, notamment inspirés des environs de Paris.

Henri Rousseau dit le Douanier Rousseau Henri Rousseau dit le Douanier Rousseau Photo © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

L’ambition de la peinture officielle

Toute sa vie, Rousseau souhaite être reconnu comme un grand peintre. Il rêve d’être admis au Salon officiel, où l’État achète parfois les œuvres d’artistes vivants. Mais ses tableaux sont refusés. Il expose alors régulièrement au Salon des indépendants, créé en 1884, où les artistes peuvent présenter leurs œuvres librement.

Rousseau essaie aussi d’obtenir des commandes publiques pour décorer des hôtels de ville et participe à plusieurs concours organisés par des villes comme Bagnolet, Vincennes ou Asnières. Ses projets ne sont pas retenus, mais il transforme ses esquisses en tableaux qu’il peut ensuite vendre. Malgré les refus, Rousseau ne se décourage jamais et continue à peindre avec ambition.
 

La Charmeuse de serpents, 1907 La Charmeuse de serpents, 1907 Henri Rousseau Collection Musée d'Orsay Legs Jacques Doucet, 1936 © photo : Musée d’Orsay, dist. RMN-Grand Palais

« Vive ! Vive Rousseau ! »

Pendant longtemps, certaines personnes se moquent de son style et le qualifient de peintre « naïf ». Mais d’autres artistes et poètes reconnaissent l’originalité de son travail. Des figures de l’avant-garde comme le poète Guillaume Apollinaire, Robert Delaunay ou Pablo Picasso s’intéressent à sa peinture et contribuent à faire connaître son œuvre.
À sa mort, ses amis de l’avant-garde se réunissent et Apollinaire raconte :

« Nous sommes réunis pour célébrer ta gloire, ces vins qu’en ton honneur nous verse Picasso, buvons-les donc puisque c’est l’heure de les boire en criant tous en chœur : Vive ! Vive Rousseau ! »

Aujourd’hui, Henri Rousseau est considéré comme un artiste unique, qui a influencé l’art moderne. L’exposition réunit cinquante œuvres provenant de grands musées internationaux, permettant de découvrir toute la richesse et l’originalité de sa peinture. En effet, après sa mort, de grands collectionneurs se sont intéressés à son travail. Grâce à eux, il est devenu très célèbre, comme il l’avait toujours espéré.

Qui sait ? En regardant bien les tableaux, tu pourrais peut-être entendre rugir un lion ou siffler un serpent dans la jungle imaginée par Rousseau… Et toi, quels animaux repéreras-tu dans ses peintures ? 

Avant ou après l’exposition tu peux découvrir le podcast Bleu comme une orange consacré au Douanier Rousseau, que tu peux également écouter dans l’Espace familles du musée.

Musée d’Orsay

Renoir dessinateur

Tu connais sûrement Renoir pour ses tableaux impressionnistes pleins de lumière et de couleurs, et pour ses scènes joyeuses comme le Bal du moulin de la Galette. Mais savais-tu qu’il était aussi un formidable dessinateur ? L’exposition « Renoir dessinateur », présentée au musée d’Orsay du 17 mars au 5 juillet 2026, te propose de découvrir un côté moins connu de son travail : ses dessins réalisés au crayon, au fusain, au pastel, à la craie blanche ou à la pierre noire.

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Jeune femme penchée sur un balcon, dit aussi La Loge, 1879 Pastel Jeune femme penchée sur un balcon, dit aussi La Loge, 1879, Pastel, Auguste Renoir, Collection Toulouse, Fondation Bemberg. INV2156 © photo : © 2023 Fondation Bemberg / Mathieu Lombard

« Le dessin est l’âme de la peinture »

Depuis qu’il est enfant, Renoir adore dessiner. Etudiant à l'Ecole des Beaux-Arts, il recopie des statues antiques et apprend à observer très attentivement les formes. Le dessindeviendra très important pour Renoir après sa période impressionniste. Ainsi dira-t-il plus tard : « le dessin est l’âme de la peinture ».
Renoir devient célèbre grâce à ses peintures impressionnistes pour lesquelles il ne dessine quasiment plus. Mais dans les années 1880, il décide de changer un peu sa manière de travailler. Pour préparer certains tableaux, comme Maternité ou Baigneuses. Essai de peinture décorative, qu’il considère comme son œuvre la plus réussie, il réalise de nombreux dessins avant de peindre la version finale. Cela montre qu’il ne travaille pas « à la va-vite » : il cherche longtemps la bonne pose, le bon geste, la forme parfaite. A ce moment là de sa carrière, le dessin est au cœur de son processus créatif.

Jeune femme penchée sur un balcon, dit aussi La Loge, 1879 Pastel sur papier monté sur panneau 56 × 43 cm Collection Toulouse, Fondation Bemberg. INV2156 © photo : © 2023 Fondation Bemberg / Mathieu Lombard Jeune femme penchée sur un balcon, dit aussi La Loge, 1879 Pastel, Auguste Renoir, Collection Toulouse, Fondation Bemberg. INV2156 © photo : © 2023 Fondation Bemberg / Mathieu Lombard

« Tout le monde sait que Renoir est un maître dessinateur »

Dans l’exposition, tu pourras voir plus de 100 œuvres sur papier venues du monde entier. Il y a des croquis rapides, des portraits au pastel, des aquarelles de paysages et de grands dessins de nus. La sanguine, avec crayon de couleur rouge-brun, associée à la craie blanche, est parfaite pour représenter la peau et devient l’un de ses outils préférés. Une partie de l’exposition est dédiée à l’explication de ces techniques que Renoir aimait tant, viens les découvrir pour devenir un maître du dessin à ton tour !
Renoir ne dessine pas seulement pour préparer ses tableaux. Il illustre aussi pour des livres ou des journaux. Ses dessins circulent, sont collectionnés, et même admirés par d’autres grands artistes comme Pablo Picasso qui achète pour sa collection personnelle l’un de ses dessins.

Au début, la passion de Renoir pour le dessin était moquée par les autres artistes et les critiques d’art, mais après avoir exposé ces dessins chez le marchand Ambroise Vollard, son talent ne faisait plus aucun doute. Un critique écrit même : 

« ll y a encore dix ans, bien des gens, peintres, critiques, amateurs, auraient ricané à l’idée d’une exposition de dessins de Renoir. […] Aujourd’hui, tout le monde […] sait que Renoir est un maître dessinateur. » 

Alors, prêt à découvrir Renoir autrement ?

Musée d’Orsay

Renoir et l'amour. La modernité heureuse (1865-1885)

L’exposition Renoir et l’amour, présentée au musée d’Orsay du 17 mars au 19 juillet 2026, t’invite à découvrir l’univers lumineux et vibrant du peintre impressionniste Pierre-Auguste Renoir. Bals populaires, promenades au bord de l’eau, déjeuners animés ou instants de tendresse : ses tableaux célèbrent la joie d’être ensemble. Mais derrière cette apparente insouciance, Renoir invente une nouvelle façon de représenter l’amour pour son époque : un amour moderne, libre et complice, représentatif de la vie parisienne de son temps. Chez lui, représenter la joie devient un objectif artistique à part entière.

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Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), La Promenade, 1870, Huile sur toile La Promenade, 1870, Pierre-Auguste Renoir (1841-1919) Collection Los Angeles, J. Paul Getty Museum, 89.PA.41 © photo : Image courtesy of the J. Paul Getty Museum

L’amour au cœur de la vie moderne

Entre 1865 et 1885, Renoir peint la vie moderne de son époque : les jardins parisiens, les guinguettes à Montmartre ou en banlieue, les cafés, les théâtres et les loges d'Opéra et le canotage en bord de Seine. Il adore représenter les moments où les gens se rencontrent, discutent, rient, ou dansent. Dans Le Bal du Moulin de la Galette ou Le Déjeuner des canotiers, les personnages ne sont pas figés : ils se regardent, se rapprochent, échangent des sourires. Renoir montre souvent de jeunes couples, mais sans drame ni tristesse. Chez lui, l’amour n’est pas une histoire triste, mais devient au contraire synonyme de joie et de bonheur.

Il choisit ses modèles masculins parmi ses amis qui sont souvent des artistes comme lui et ses modèles féminins sont de jeunes parisiennes croisées dans la rue, notamment à Montmartre. Il veut que ses personnages aient l’air naturels, comme s’ils vivaient vraiment la scène. Même si ses tableaux semblent spontanés, il réfléchit beaucoup à la composition : les regards se croisent, les gestes se répondent, les couleurs relient les personnages entre eux. Renoir disait qu’il voulait que « tout se soude » dans ses peintures. Ainsi, l’amour devient aussi une affaire de peinture : les formes, les lumières et les couleurs créent du lien.

Bal du moulin de la Galette Auguste Renoir Photo © Musée d'Orsay RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

Une joie moderne… et courageuse

À l’époque de Renoir, beaucoup d’artistes montrent la vie moderne de façon sombre ou critique. Lui fait un choix différent : il peint des scènes lumineuses et heureuses. Il sait que certains trouvent cela trop simple, mais il assume ce choix et déclare : « Je sais bien qu’il est difficile de faire admettre qu’une peinture puisse être de la très grande peinture en restant joyeuse ». La modernité est heureuse de chez Renoir et c’est un choix artistique audacieux pour son époque.

Ses tableaux parlent aussi d’égalité et de liberté. Dans ses scènes de lecture, de danse ou de canotage, hommes et femmes partagent les mêmes activités. Les couples discutent, rient et se promènent côte à côte. Les femmes fréquentent les cafés ou rament dans des barques comme les hommes. Renoir s’inspire notamment des tableaux « fêtes galantes » du XVIIIᵉ siècle, peints par des artistes comme Watteau ou Fragonard, ces peintures élégantes où l’amour est un jeu plein de grâce. Mais il transpose cette atmosphère dans le Paris populaire de son temps.

Plus tard, Renoir peindra davantage de scènes familiales, de mères et d’enfants, puis ses célèbres baigneuses. Pourtant, son idée reste la même : montrer que l’amour, qu’il s’agisse du couple, de l’amitié, ou de la famille, peut unir les personnes et rendre le monde plus lumineux.

Et si tu entrais dans la danse avec Renoir ?
 

Auguste Renoir, Alphonsine Fournaise, 1879 Huile sur toile Alphonsine Fournaise,1879 Auguste Renoir Collection Musée d'Orsay Don D. David-Weill, 1937 © photo : Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
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